Installation borne de recharge

Disjoncteur différentiel : les protections adaptées à votre borne

Un disjoncteur mal choisi peut interrompre vos recharges, surchauffer un câble ou laisser circuler un courant dangereux. Nous défendons une lecture fondée sur la chaîne complète de protection électrique, du calibre à la terre. Vous découvrirez quel disjoncteur différentiel correspond réellement à votre circuit, à votre borne et aux règles NF C 15-100.

Thomas M.
Thomas M. Conseiller IRVE
18 August 2026 13 min min de lecture
Disjoncteur différentiel : les protections adaptées à votre borne

À quoi servent réellement le disjoncteur et le différentiel ?

Dans un tableau de maison, chaque protection répond à un défaut précis. Le disjoncteur protège le câble contre l’excès de courant ; le différentiel protège les personnes lorsqu’une fuite rejoint la terre.

Le disjoncteur coupe les surintensités

Une surcharge apparaît lorsqu’un circuit alimente trop d’appareils : plusieurs radiateurs sur la même ligne, par exemple. Le court-circuit provoque une montée brutale du courant entre conducteurs et exige une coupure très rapide.

Le disjoncteur divisionnaire se choisit avec le calibre et la section du câble. Un interrupteur différentiel 30 mA ne remplit jamais cette fonction, car il ne protège pas les conducteurs contre une surcharge ou un court-circuit.

Le différentiel surveille les fuites vers la terre

Le différentiel compare le courant qui part et celui qui revient. Une différence indique une fuite, parfois due à un appareil défectueux ou à une isolation endommagée ; le seuil de 30 mA limite le risque pour les occupants.

Cette protection dépend aussi d’une prise de terre correcte et de liaisons équipotentielles continues. Le type A convient notamment aux plaques, au lave-linge et aux circuits de recharge ; le type F vise certains variateurs, tandis que le type B dépend de l’équipement.

ProtectionDéfaut détectéRôle
Disjoncteur divisionnaireSurcharge, court-circuitProtège le câble
Interrupteur différentielFuite vers la terreProtège les personnes

Quel type de différentiel choisir entre AC, A, F et B ?

Le type de différentiel dépend des appareils raccordés au circuit, tandis que son calibre et votre abonnement répondent à d’autres contraintes. Pour une maison individuelle, nous recommandons de partir de l’électronique réellement présente.

AC et A : les protections courantes du logement

Le type AC détecte les défauts de courant alternatif des circuits classiques, comme les prises et l’éclairage. Il reste adapté aux usages domestiques simples, sans électronique de puissance particulière.

Le type A repère aussi certaines composantes continues pulsées produites par l’électronique intégrée. Il est requis pour les plaques, le lave-linge et la recharge d’un véhicule électrique.

  • Type AC : circuits domestiques classiques sans équipement électronique spécifique.
  • Type A : plaques de cuisson, lave-linge et circuit de recharge d’une voiture électrique.

Un logement doit comporter au minimum un interrupteur différentiel type A et un type AC. Chaque interrupteur différentiel protège au maximum huit circuits terminaux, règle à vérifier dans le tableau existant.

F et B : des cas liés aux variateurs et à la recharge

La série NF C 15-100 publiée le 23 août 2024 introduit le type F pour certains équipements à variateur, notamment une pompe à chaleur, une climatisation ou une pompe de piscine.

Une borne peut exiger un type B lorsqu’un courant continu lisse risque d’apparaître. Une détection équivalente intégrée à la borne peut remplir cette fonction : le constructeur et l’électricien doivent confirmer la solution.

Le type de différentiel ne fixe ni le calibre en ampères ni la puissance souscrite. Le calibre protège le circuit et son câble, alors que l’abonnement détermine la puissance disponible au compteur.

Correspondance entre section de câble, calibre, longueur et conditions de pose du circuit électrique
Correspondance entre section de câble, calibre, longueur et conditions de pose du circuit électrique

Comment relier le calibre du disjoncteur à la section du câble ?

Le calibre dépend du circuit complet : section du câble, longueur, mode de pose, puissance appelée et conditions thermiques doivent être examinés ensemble.

Les repères de section restent des points de départ

Les associations courantes donnent une première lecture : 1,5 mm² avec 16 A, 2,5 mm² avec 20 A, et 6 mm² avec 32 A pour une plaque de cuisson. Ces valeurs doivent être vérifiées selon l’installation.

Un câble long peut provoquer une chute de tension, particulièrement sur une borne éloignée du tableau. Le mode de pose, le regroupement des conducteurs et la température autour du câble peuvent aussi réduire le courant admissible. La distance jusqu’à la borne compte réellement dans le calcul.

Ne confondez pas protections, abonnement et pouvoir de coupure

Le disjoncteur divisionnaire protège le câble contre les surintensités ; le calibre de l’interrupteur différentiel indique le courant qu’il peut supporter. La puissance souscrite au compteur, exprimée en kVA, concerne la capacité totale disponible dans le logement.

Les courbes B et C réagissent différemment aux appels de courant au démarrage. Le pouvoir de coupure, exprimé en kA, doit correspondre au courant de défaut attendu ; les références NF C 15-100 et NF EN 60898-1 encadrent ce choix. Une ligne nouvelle exige une validation qualifiée.

ÉlémentCe qu’il protège ou mesureExemple de vérification
DisjoncteurLe câble et le circuitCalibre, courbe B ou C, pouvoir de coupure
Interrupteur différentielLes personnes contre les défauts d’isolementType, sensibilité 30 mA, calibre
Compteur et abonnementLa puissance totale disponiblePuissance souscrite en kVA, autres appareils en service

Quelles protections prévoir pour une borne de recharge à domicile ?

Une borne exige un circuit dédié, avec des protections choisies selon sa puissance, votre réseau, votre véhicule et les prescriptions de son fabricant.

Adapter la protection à la puissance et au réseau

À domicile, 3,7 kW et 7,4 kW correspondent généralement au monophasé, c’est-à-dire une seule phase. Une recharge à 11 kW nécessite habituellement le triphasé et un chargeur embarqué compatible dans la voiture.

Le circuit de recharge doit partir du tableau avec une protection dédiée de l’IRVE, ou infrastructure de recharge pour véhicules électriques. Le dispositif différentiel associé protège les personnes contre les défauts d’isolement à 30 mA au maximum.

Votre abonnement doit aussi absorber la borne et les usages simultanés : chauffage, cuisson ou ballon d’eau chaude. Nous recommandons d’étudier un délestage, qui réduit temporairement la puissance de recharge lorsque la puissance appelée approche la limite du compteur.

Vérifier la borne, le câble et son parcours

La borne peut intégrer une détection du courant continu résiduel. Si cette fonction manque, une protection complémentaire peut être exigée par la notice ; la présence de cette détection doit être confirmée avant l’achat du matériel.

La longueur entre tableau et stationnement influence la section du câble, les chutes de tension et le calibre retenu. Un parcours extérieur impose aussi une protection mécanique et un matériel adaptés aux conditions de pose.

La référence NF C 15-100-7-722 encadre la protection électrique d’une borne. Les Hager ADC716F, ADH716F ou ADF716F se choisissent selon le schéma électrique et la notice du fabricant, avec validation par un électricien qualifié.

Comment vérifier un tableau électrique neuf ou existant ?

Un contrôle utile commence par le statut du logement : installation neuve, extension, modification récente ou tableau ancien. Cette distinction indique le niveau de conformité attendu et les vérifications à demander avant de signer un devis.

Contrôler les exigences d’une installation récente

La série NF C 15-100 a été publiée le 23 août 2024. Depuis septembre 2025, elle s’applique aux installations neuves, extensions et modifications, avec les références NF C 15-100-1 et NF C 15-100-7-722 concernées.

Dans un logement, chaque circuit doit disposer d’une protection différentielle haute sensibilité de 30 mA maximum pour les courants de fuite. Le tableau doit comporter au moins deux interrupteurs différentiels, dont un type A et un type AC, avec huit circuits terminaux au maximum par appareil.

  • Éclairage : deux circuits minimum, sauf dérogation applicable à certains studios ou T1.
  • Points lumineux : huit au maximum sur chaque circuit d’éclairage.
  • Type A : requis notamment pour les plaques, le lave-linge et la recharge d’un véhicule électrique.

Évaluer la sécurité d’un tableau existant

Une rénovation ancienne ne se juge pas uniquement avec la conformité actuelle. Nous recommandons surtout de rechercher les défauts pouvant compromettre la protection électrique réelle de votre maison, puis de faire chiffrer les corrections nécessaires.

Demandez à l’électricien de contrôler l’état de la terre, le repérage du tableau, les sections, le serrage des connexions et la sélectivité. Cette dernière vérifie qu’un défaut provoque le déclenchement de la protection la plus proche, plutôt que la coupure générale.

Le parafoudre et les déclenchements intempestifs méritent aussi un examen distinct. Un tableau qui déclenche souvent signale une cause à identifier : surcharge, défaut d’isolement, appareil perturbateur ou protection mal choisie.

Combien coûte une protection électrique et que faut-il demander sur un devis ?

Le prix total dépasse souvent le simple module installé dans le tableau. Pour juger une offre, séparez le matériel, la main-d’œuvre, les fournitures annexes et les éventuels travaux d’adaptation.

Distinguer le matériel des travaux réellement nécessaires

Le devis doit isoler le prix du disjoncteur divisionnaire ou de l’interrupteur différentiel 30 mA, puis celui de la pose. Cette présentation rend les fournitures annexes clairement identifiables : câbles, goulottes, bornes et repérage.

Un tableau trop petit peut imposer l’ajout d’un coffret ou son remplacement. Une ligne longue peut exiger davantage de câble, tandis qu’une recharge éloignée du tableau peut entraîner des travaux de tranchée ou un coffret extérieur.

Demandez aussi si le devis inclut une vérification ou une mise à niveau de la prise de terre. Pour une maison individuelle ancienne, cette dépense peut peser davantage que le coût du disjoncteur lui-même.

Exiger des références précises et une compatibilité durable

Chaque protection électrique doit être décrite avec sa marque, sa référence exacte, son calibre, sa courbe, son type différentiel et son pouvoir de coupure. Sans ces données, la comparaison entre deux devis reste incomplète.

Legrand DX³, Schneider Electric Acti9 iC60N et Hager constituent des gammes connues. Nous vous recommandons de vérifier la garantie, la disponibilité des pièces, la compatibilité avec la borne et la gestion du délestage si votre puissance est limitée.

Enfin, faites inscrire les aides applicables à la date du devis et leurs conditions, notamment pour une installation de recharge. Aucun montant ne doit être présenté comme acquis avant vérification de votre logement, de l’entreprise et du dispositif concerné.

Quelle est la différence entre un disjoncteur divisionnaire et un interrupteur différentiel ?

Le disjoncteur divisionnaire protège le circuit électrique contre les surcharges et les courts-circuits. L’interrupteur différentiel coupe le courant lorsqu’il détecte une fuite vers la terre, avec une sensibilité généralement fixée à 30 mA dans le logement. Cette distinction est rappelée par Promotelec dans ses recommandations sur le tableau électrique.

Quel disjoncteur différentiel faut-il pour une borne de recharge ?

Pour une borne, le choix dépend notamment de la détection du courant continu résiduel, de la puissance et du réseau monophasé ou triphasé. Une borne sans détection intégrée peut nécessiter un dispositif différentiel adapté, parfois de type B, selon sa notice. La NF C 15-100-7-722 et les prescriptions du fabricant encadrent cette sélection.

Un disjoncteur 20 A convient-il toujours à un câble de 2,5 mm² ?

Un disjoncteur 20 A est un repère courant pour du 2,5 mm², mais la longueur du câble peut modifier le choix. Le mode de pose, la température, le regroupement des conducteurs et la chute de tension doivent aussi être vérifiés, surtout pour une borne éloignée du tableau. Legrand présente cette association comme un repère à confirmer selon les conditions réelles du circuit.

Le type A est-il obligatoire pour toute l’installation électrique ?

Le type A concerne certains circuits spécifiques, dont la recharge d’un véhicule électrique, les plaques de cuisson et le lave-linge. Un logement doit aussi comporter au minimum un interrupteur différentiel de type AC pour des circuits domestiques classiques. Legrand précise ces usages et l’exigence minimale d’un type A et d’un type AC.

La protection 30 mA suffit-elle à rendre une installation sans danger ?

Une protection 30 mA réduit le risque lié aux fuites électriques, mais la sécurité dépend aussi de la prise de terre, des connexions et de l’état des appareils. Tous les circuits d’un logement doivent être couverts par une protection différentielle haute sensibilité de 30 mA maximum. Promotelec et la NF C 15-100 associent cette protection au contrôle global de l’installation.

Thomas M.

Thomas M.

Conseiller IRVE

Pendant plusieurs années, j'ai été chargé d'affaires en installation de bornes de recharge chez les particuliers : étude de la puissance disponible, câblage, choix du matériel. De la prise renforcée à la wallbox triphasée, j'écris aujourd'hui des guides pour préparer un devis sans erreur de dimensionnement.

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